De fortes explosions ont réveillé Caracas ce samedi 3 janvier vers 2h du matin (heure locale), accompagnées de bruits évoquant des survols d’avions de chasse. Dans la foulée, le président vénézuélien Nicolas Maduro a décrété l’état d’exception et appelé à la « mobilisation générale », dénonçant une « très grave agression militaire » imputée aux États-Unis.
L’événement a immédiatement suscité des réactions internationales. L’Iran, allié stratégique du Venezuela, a fermement condamné ce qu’il qualifie d’« attaque militaire américaine », dénonçant une violation manifeste de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays sud-américain.
Mais cette situation soulève une interrogation brûlante lorsqu’on la met en parallèle avec celle de la République démocratique du Congo. À l’est du pays, cela fait des années que la RDC subit une agression militaire directe du Rwanda via le mouvement M23, une réalité documentée et condamnée par plusieurs rapports onusiens.
Et pourtant, malgré la clarté de cette agression, la réponse américaine reste ambiguë. Washington a certes exprimé des « inquiétudes » et appelé au respect de la souveraineté congolaise, mais n’a pris aucune mesure contraignante contre Kigali, pourtant reconnu comme soutien direct des rebelles.
Comment alors comprendre cette dissonance ? D’un côté, les États-Unis condamnent l’agression de la RDC sans en tirer de conséquences concrètes ; de l’autre, ils sont eux-mêmes accusés d’agresser militairement le Venezuela.
Ce contraste brutal interroge la cohérence de la politique étrangère américaine. La souveraineté des États serait-elle à géométrie variable ? Le traitement différencié du Venezuela et de la RDC donne à penser que certains intérêts géopolitiques ou économiques pèsent plus lourd que les principes du droit international.


