Le gouvernement congolais a clos, ce samedi 21 janvier 2026, l’atelier d’évaluation et de rédaction du rapport sur la situation des droits humains à Goma, Bukavu et dans leurs environs. La cérémonie s’est tenue sous la présidence de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.
Initiée par le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, cette initiative visait à dresser un état des lieux détaillé des violations commises dans les zones sous occupation depuis janvier 2025. L’objectif : documenter les faits, établir les responsabilités et consolider les arguments juridiques et diplomatiques de la République démocratique du Congo.
Dans son intervention, la cheffe du Gouvernement a insisté sur la portée du rapport, qualifié d’outil « stratégique et juridique ». Selon elle, ce document intervient à un moment charnière, alors que la RDC poursuit un plaidoyer international pour la reconnaissance des crimes qualifiés de génocides commis dans l’Est du pays.
Elle a salué l’engagement du ministre des Droits humains ainsi que la contribution des experts et acteurs impliqués dans l’élaboration du rapport, soulignant l’importance de faire entendre la voix des victimes sur la scène nationale et internationale.
Un bilan humain lourdPrenant la parole avant la clôture officielle, Samuel Mbemba Kabuya a dressé un bilan particulièrement préoccupant. Le rapport fait état d’au moins 17 015 cas d’atteintes à la vie et à l’intégrité physique, répartis comme suit : 15 769 cas d’atteinte à la vie, 829 enlèvements et 417 cas de torture ou de traitements inhumains.À ces violences s’ajoutent d’importants déplacements forcés de populations, estimés à plus de sept millions de personnes déplacées internes et externes, ainsi que des destructions de biens privés.
Le ministre a rendu hommage aux défenseurs des droits humains, aux représentants des ministères sectoriels et aux organisations de la société civile ayant contribué à la rédaction du document, saluant leur « courage » dans un contexte sécuritaire difficile.
La cérémonie a réuni plusieurs membres du Gouvernement, dont les ministres en charge de la Formation professionnelle, de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, ainsi que du Genre, Famille et Enfant.
Pour les autorités, cette mobilisation traduit la volonté de placer la question des droits humains au cœur de l’action publique et de soutenir, par des démarches diplomatiques et judiciaires, les victimes des violences perpétrées dans l’Est du pays.
La Trompette


