Alors que la République démocratique du Congo fait face à l’agression persistante du M23 soutenu par le Rwanda, l’archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, Mgr Fulgence Muteba, a profité de la vigile de Noël à la cathédrale Saints Pierre et Paul pour critiquer les accords signés le 4 décembre entre Kinshasa et Washington, suscitant incompréhension et indignation.
Dans son homélie, le prélat a dénoncé ce qu’il considère comme une vision utilitariste de la RDC, réduite à ses minerais stratégiques, notamment le cobalt, le cuivre et le lithium. Il a également attaqué le projet du corridor de Lobito, qu’il accuse de favoriser l’exportation des ressources congolaises sans bénéfices pour la population.
Mais ce discours, pourtant censé défendre la souveraineté nationale, contraste avec l’attitude ambigüe de la CENCO face à la rébellion du M23. Des voix critiques dénoncent une proximité inquiétante entre certains prélats catholiques et des personnalités considérées comme complices des violences dans l’est, notamment Corneille Nangaa, aujourd’hui allié politique du M23 au sein de la coalition AFC.
Une image de Mgr Muteba, affiché en pleine connivence avec Nangaa, circule largement sur les réseaux sociaux, provoquant colère et consternation dans une opinion déjà meurtrie par les massacres et les déplacements de civils. À quelques mètres de cette rencontre, rappelle un internaute, « un cimetière et de nombreux foyers sont encore en deuil ».
Pour de nombreux Congolais, cette posture de la CENCO s’apparente à une trahison morale : « Comment prétendre défendre le peuple tout en s’affichant avec ceux qui collaborent avec ses bourreaux ? », s’interroge un observateur. Dans un contexte de guerre hybride et de guerre d’influence, ces positions contradictoires alimentent un sentiment de désillusion vis-à-vis d’une Église censée être la voix du peuple, mais dont certains cadres semblent brouiller les repères entre foi, politique et intérêts personnels.
La Trompette


